César Manrique

    César Manrique, le plus célèbre des artistes canariens, était plus qu’un artiste local : c’était également un architecte, un environnementaliste et un visionnaire. Son œuvre et ses influences sont visibles partout à Lanzarote et bien qu’il ait vécu à l’étranger de nombreuses années, mêlant les touches d’Andy Warhol et de Jackson Pollock, il a passé à la fois ses années de formation et sa période de création la plus intense dans sa patrie d’origine.

    Jetez un œil à notre guide vidéo pour connaître son œuvre et ses influences partout sur l’île.

    En réalité, César Manrique était presque un groupe de contestation à lui tout seul, se battant pour préserver et améliorer la beauté naturelle de son pays d’origine. Il a aidé à concevoir, dessiner et développer la gestion par l’île du développement et de l’essor du tourisme. Il a aidé à organiser les strictes restrictions de planning encore en vigueur sur l’île aujourd’hui. Sa voix était si puissante (son décès date de 1992) que le développement de hauts bâtiments est, encore aujourd’hui, limité sur l’île, que les affichages y sont interdits et que les câbles téléphoniques sont enterrés. Il a même été prescripteur des couleurs des portes de l’île : celles de toutes les portes de l’arrière-pays devaient être peintes en vert, celles des maisons face à la mer, en bleu. Manrique s’est battu, a négocié, persuadé et revendiqué afin de garantir la conservation de ce en quoi il croyait : il se place ainsi quelque part entre l’éco-guerrier et l’ennemi du conventionnel. Sa méthode a fonctionné et c’est pourquoi il est si respecté aujourd’hui.

    Sa vie et son art se sont mêlés dans une explosion créative, devenue depuis une célébration de l’histoire et de la culture de l’île. Et son influence peut être observée partout sur Lanzarote.


    Les meilleurs endroits pour observer son travail et ses influences sont :

    Jameos del Aqua

    Pourquoi s’y rendre ? De fantastiques tunnels de lave transformés par la vision artistique de Manrique

    Jameos del Aqua ne ressemblent à aucun autre endroit sur Terre. Un monde fantastique de roches de lave, de tunnels et de tubes sortis du paysage par des éruptions volcaniques et transformés par l’imagination débordante de Manrique. C’est une série de tunnels de lave courant sur la zone, autour et en dessous, et s’étendant même sur six kilomètres sous la mer ! Ces tubes aboutissent ensuite dans de grands espaces extérieurs abrités par les palmiers et décorés avec des fleurs, des plantes et des objets conçus par Manrique. Il s’agit d’un exemple presque parfait de fusion entre nature et art. Manrique l’appelait « la plus belle boîte de nuit au monde » et lorsque les étoiles sont de sortie et qu’une fête ou un concert bat son plein, l’image est on ne peut plus véridique. Un jameo est un tunnel créé par la lave : les deux principaux mènent d’abord au Jameo Chico — un restaurant, café, club et bar — puis au Jameo Grande — un jardin fantastique doublé d’une piscine. Allez-y, mangez, buvez, et jouez… c’est une expérience mémorable, quoi que vous choisissiez de faire.

    Adresse : Carretera, S/N, 35542 Arrieta, Las Palmas, Espagne
    Heures d’ouverture : 10 h – 18 h 30, mardi et samedi 10 h-0 h 30
    Tarifs : adultes 9,50 €, enfants 4,75 €

    Jardin de Cactus

    Pourquoi s’y rendre ? Le jardin conçu par Manrique, la collection de cactus la plus grande au monde

    Voici une autre des réalisations de Manrique : ce jardin est situé dans une carrière désaffectée que l’artiste a redessinée pour en faire un amphithéâtre botanique. Il a aménagé l’ensemble du jardin en utilisant les matériaux naturels autour de lui, construisant des murs, des ponts et des arches tout en mettant en valeur les roches rouges, la terre noire volcanique et les bassins naturels. Une fois cela réalisé, tout ce que Manrique a eu à faire a été de remplir le jardin de milliers de plantes et de succulentes. Les cactus connaissent actuellement une heure de gloire, devenus depuis quelque temps des plantes tendance pour l’intérieur, mais César en a toujours été passionné. Cette collection dépasse à présent les 4500 spécimens : en réalité, c’est la collection de cactus la plus vaste au monde. D’autres plantes rares et locales ont été ajoutées au fil des vingt ans qu’il lui a fallu pour terminer son œuvre et, bien sûr, aucun projet de César Manrique n’est complet sans un bar ou un café. Et vous vous rafraîchirez sûrement avec plaisir suite à votre visite dans ce grand jardin d’épines.

    Adresse : Av. Garafía, 35544 Guatiza, Las Palmas, Espagne
    Heures d’ouverture : 10 h-17 h 45/15 juillet au 15 septembre : 9 h-17 h 45
    Tarifs : adultes 5,80 €, enfants 2,90 €

    Fondation César Manrique

    Pourquoi s’y rendre ? Le musée Manrique présente sa vie et son œuvre

    C’est ici que l’artiste a vécu et travaillé, et c’est à présent à la fois un musée et une fondation. Vous le trouverez au nord de l’île, à Haria, potentiellement le plus joli village de Lanzarote, situé dans un lieu connu sous le nom de « vallée des mille palmiers ». Ici, la tradition veut qu’un nouvel arbre soit planté dès qu’un enfant naît. Haria propose également un formidable marché les samedis matins, qui mérite lui aussi le détour. La maison époustouflante, connue sous le nom de Taro de Tahiche, est composée de cinq bulles volcaniques que Manrique a transformées en cinq pièces formidables reliées par des tunnels de lave. Celles-ci constituent le rez-de-chaussée de la maison, qui contient tout, de la piscine à la petite piste de danse, au four d’extérieur et au barbecue : cet homme aimait apparemment beaucoup faire la fête.

    L’étage, très confortable, est plus calme et traditionnel, avec de larges pièces et de beaux panoramas. Il est aménagé avec de nombreux objets locaux, des meubles et matériaux aux œuvres exposées. Le studio de l’artiste se trouvait dans un bâtiment adjacent et peut être observé dans l’état exact où il a été laissé : avec des pinceaux, chevalets, toiles et dessins inachevés. Mais la nature est présente un peu partout, avec des fleurs à chaque endroit, des plantes grimpantes et un figuier qui pousse au centre de l’une des pièces. N’étant pas homme à laisser les choses au hasard, César Manrique a même prévu la conversion de sa maison en musée, seulement deux mois avant de mourir.

    Adresse : Calle Jorge Luis Borges, 16, 35507 Tahiche, Las Palmas, Espagne
    Heures d’ouverture : tous les jours, 10 h-18 h
    Tarifs : adultes 8 €, enfants 1 €

    Tous ces joyaux de Manrique sont ouverts au public chaque jour. Mais où que vous alliez, vous ne serez jamais loin de son influence, car l’île est dotée d’immenses mobiles nommés « Juguete del Vente » (jouets du vent), que l’artiste a créés pour se rappeler les moulins miniatures avec lesquels il jouait étant enfant. Son destin semble avoir été de transformer l’île en un terrain de jeu géant, dont chacun peut désormais librement profiter.

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